La genèse de Léonid par Fabien Daïan (Auteur/Compositeur/Interprète du duo)

Léonid est l’un des sobriquets de la pléiade de surnoms absurdes dont m'affublait mon père quand j'étais gosse. 

 

Je me suis re-approprié ce pseudonyme lorsque je me suis enfin décidé, à 34 ans, à écrire mes propres chansons et à les chanter moi même. Le projet de ma vie.

 

Avant cela, le parcours paraissait pourtant idéal pour un gamin qui n’avait qu’une obsession : être libre, devenir artiste !

Embarqué à 19 ans dans l’aventure Sinsemilia, collectif dans lequel je m'investisais corps et âme pendant 13 années, j'effleure mon rêve de gosse. De tournées, des zéniths, en disques d’or, de studios d’enregistrement mythiques en plateaux télé, le décors est parfait mais quelque chose manque : Le sentiment d’accomplissement.

En sale gosse éternellement insatisfait et malgré l’incrédulité de mes proches, je quitte le groupe en 2006 pour me consacrer tout entier à un projet à peine naissant avec une jeune artiste à qui j’avais proposé mes services quelques mois plus tôt. Yoanna, chanteuse suisse qui, du haut de ses 19 ans, a un énorme accordéon en bandoulière malgré son poids plume et une gouaille à décrocher le pavé, m’avait ittéralement subjugué au hasard d’une rue lors du festival d’Aurillac.

C’est donc là que se cachait mon rêve de gosse !? Du côté des fous, des poètes et des saltimbanques, la chanson française en porte voix ! La collaboration durera 4 années. Période d’une rare intensité. En immersion totale.

Fondu dans ce personnage au tempérament hors normes. Mais le bon sens a eu raison de cette histoire : on ne crache pas ce qu’on a dans le ventre avec la bouche de quelqu’un d’autre ! C’est du vol de bouche, du détournement de ventre ! J'ai quitté mon poste auprès d'elle brutalement, en pleine sortie du premier album, alors que nous commencions à récolter de beaux fruits de ces années de travaille passionné.

Chaos. Dépression. C’est dans ce trou sans fond que Djazia Satour, l’amie, la frangine, accessoirement chanteuse et musicienne de haut vol viendra me repêcher et me proposer de l’accompagner dans la

construction de son projet solo (son groupe, MIG, avait pris fin quelques années plus tôt). Le début d’une collaboration sereine et fructueuse qui dure encore aujourd’hui en parallèle de Léonid.

C'est au printemps 2009, alors que nous organisions un concert important de Djazia à Grenoble et que se posait la question de la première partie, qu’a jaillit cette phrase de ma bouche avant même d’avoir eu le temps de passer par le cerveau : « Je te la fais moi ta première partie ! J’ai 2/3 chansons plus quelques reprises, ça fera l’affaire ! ». Elle : « Cap?!! », moi : « Cap. ». Léonid était né.

 

Terrorisé par l’engagement que je venais de prendre et dans l’impossibilité de me rétracter, j’ai immédiatement sollicité trois amis, excellents musiciens, pour leur proposer de faire ce grand saut à mes côtés.

 

Parmi eux, mon cousin, alors batteur de Djazia : Rémi ! (On y vient…). Nous avons bossé comme des forcenés tous les quatre pour assurer cette demi-heure de première partie. Nous y avons pris goût et n’avons plus cessé jusqu’en 2013. Le sentiment d’accomplissement pointait son nez.

 

Alors que nous avions entamé l’enregistrement du premier album, deux des musiciens du quartet on quitté la formation par choix de vie. Un nouveau chaos en perpective ?…

 

Hors de question, je n’ai plus le temps ! Nous venions d’apprendre la présélection de Léonid au tremplin national « Le Mans Cité Chanson ». Evacuant l’idée de ne pas nous y rendre, Rémi et moi décidons de ne pas s’avouer vaincus. « Nous irons à deux s’il le faut ! Plus rien à perdre ! Au boulot ! On a une semaine !! ».

 

La première prestation du duo a donc eu lieu dans la périphérie du Mans et nous a value une sélection pour la finale. La seconde ? Au Palais des Congrès du Mans devant 2000 personnes après quelques semaines de préparation en catastrophe ! Nous rentrerons à la maison avec, autour du cou, la médaille de bronze de l’un des tremplins de chanson les plus importants de France.

 

Ce qui était au départ une formation de fortune, montée par défaut, en toute hâte, s’avérera être une aubaine.

 

Le duo, qui a vu le jour dans une traversée du désert, se révèle être un oasis luxuriant, source intarissable d’inspiration et de créativité. Un équilibre parfait, une évidence.

 

C’est lui qui portera désormais le nom Léonid.

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